ACCOMPAGNER UN PAIR

Soutenir un pair dans ses apprentissages par des gestes professionnels de tutorat

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Description de la compétence

L’accompagnement entre pairs : une compétence clé des apprentissages universitaires

Dans l’enseignement supérieur, l’accompagnement des étudiants ne repose pas uniquement sur les enseignants ou les dispositifs institutionnels. Les interactions entre pairs jouent un rôle majeur dans les processus d’apprentissage, en particulier lorsqu’elles prennent la forme de tutorat, de mentorat ou d’entraide structurée. La compétence « accompagner un pair » consiste à soutenir un autre étudiant dans ses apprentissages en adoptant une posture de tutorat, fondée sur l’écoute, l’analyse des besoins et l’ajustement des interventions.

Cette compétence mobilise des dimensions cognitives, relationnelles et réflexives. Elle suppose de comprendre les difficultés rencontrées par un pair, de l’aider à clarifier ses démarches et de favoriser son autonomie, sans se substituer à son travail intellectuel. En ce sens, accompagner un pair constitue une compétence transversale essentielle.

Le tutorat entre pairs : un facteur d’apprentissage et de réussite

De nombreux travaux en sciences de l’éducation ont montré que le tutorat entre pairs favorise la compréhension des contenus, l’engagement dans les apprentissages et la persévérance des étudiants. En situation de tutorat, les étudiants bénéficient d’un accompagnement de proximité, assuré par un pair confronté à des exigences similaires et capable de mobiliser un langage accessible et des stratégies adaptées.

Pour le tuteur, cette situation constitue également une opportunité d’apprentissage. En explicitant des savoirs, en reformulant des raisonnements et en répondant aux questions d’un pair, il est amené à structurer ses propres connaissances et à prendre conscience des stratégies qu’il mobilise. Le tutorat devient ainsi une situation d’apprentissage réciproque, fondée sur l’interaction et la coopération.


Exercer un tutorat : soutenir sans se substituer

Accompagner un pair dans ses apprentissages ne consiste pas à apporter des réponses toutes faites ou à résoudre les tâches à sa place. La posture de tutorat repose sur un équilibre entre soutien et autonomie. Elle vise à aider le pair accompagné à comprendre, réfléchir et progresser par lui-même.

Dans un cadre universitaire, cette posture contribue à instaurer un climat de confiance propice aux apprentissages et à renforcer l’engagement des étudiants dans des démarches actives et collaboratives.

Réflexivité et ajustement de l’accompagnement

La compétence « accompagner un pair » mobilise fortement la réflexivité. Le tuteur est amené à analyser en continu sa manière d’intervenir, à observer les effets de son accompagnement et à ajuster ses actions en fonction des réactions et des progrès du pair accompagné. Cette réflexivité sur l’action permet d’affiner la posture de tutorat et d’améliorer la qualité de l’accompagnement proposé.

Elle contribue également au développement de compétences métacognitives chez le tuteur. En réfléchissant aux difficultés rencontrées par autrui, à l’efficacité des stratégies mobilisées et aux conditions de réussite des apprentissages, le tuteur enrichit sa compréhension des processus d’apprentissage et renforce sa capacité à réguler ses propres pratiques.

 

Une compétence transférable aux contextes professionnels et citoyens

Au-delà du contexte universitaire, la capacité à accompagner un pair constitue une compétence mobilisable dans de nombreux environnements professionnels, à condition d’être adaptée aux situations, aux rôles et aux cadres organisationnels. De nombreux métiers requièrent en effet la capacité à former, conseiller, soutenir ou accompagner des collègues, des nouveaux arrivants ou des partenaires.

Les gestes professionnels de tutorat développés à l’université constituent ainsi des points d’appui transférables, qui préparent les étudiants à des situations de coopération, de transmission des savoirs et de responsabilité collective, sans présumer d’un transfert automatique ni uniforme.

Sur le plan citoyen, accompagner un pair dans ses apprentissages participe au développement de valeurs de solidarité, d’entraide et de responsabilité partagée. Former les étudiants à cette compétence, c’est contribuer à la construction de communautés d’apprentissage capables de soutenir le développement de chacun et de favoriser des parcours plus inclusifs et plus équitables.

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Ressources pédagogiques

Le MOOC « Je suis tuteur de l’enseignement supérieur » s’adresse aux futurs tuteurs de l’enseignement supérieur et vise à les accompagner dans la compréhension et l’appropriation de leur rôle

Co-conçu par le CIDP de l’UPEC et l’Université de Strasbourg, ce MOOC permet de clarifier le périmètre du tutorat universitaire et de soutenir la formation des apprenants en proposant des ressources variées et outillées, telles que des témoignages de tuteurs en exercice et de chercheurs, des quiz d’autoévaluation et des espaces d’échanges entre pairs.
Il aborde des questions essentielles pour la pratique du tutorat : définition et spécificités du tutorat dans l’enseignement supérieur, plus-value et limites de l’accompagnement, enjeux éthiques de la posture de tuteur, ainsi que l’inscription du tutorat dans un écosystème d’acteurs et de services, vers lesquels le tuteur peut orienter les étudiants lorsque cela est nécessaire.

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Accompagner le développement de la compétence

Le CIDP propose des accompagnements personnalisés afin de vous aider concrètement à intégrer le développement de cette compétence au sein de votre enseignement ou de votre formation. N’hésitez pas à nous contacter !

Les essentiels
Vous souhaitez favoriser le développement et l’évaluation des compétences transversales ? Le CIDP a élaboré pour vous des gabarits de conception d’activités pédagogiques intégratrices prêts à l’emploi, à retrouver dans LES ESSENTIELS DU CIDP.

Bibliographie

Bachelet, R. (2010). Le tutorat par les pairs : quels fondamentaux, quels dispositifs, quels résultats ? De Boeck, pp.510, 2010, Pédagogies en développement.

Bandura, A., (1980), L’apprentissage social, Bruxelles, Mardaga.

Topping, K. J. (1996). The effectiveness of peer tutoring in further and higher education: A typology and review of the literature. Higher Education, 32, 321–345.

Winterbottom, M.; Galbraith, J. (2011). Peer-tutoring: What’s in it for the tutor? Educational Studies. DOI:10.1080/03055698.2010.506330 

Des outils d’intelligence artificielle ont été utilisés afin de soutenir la recherche et la structuration. Toute proposition a été retravaillée par l’équipe projet.